dimanche 3 mars 2019

Le tome final de Tristan bientôt en librairie!

L'épopée de Tristan tire à sa fin et, bientôt, le quatrième et dernier tome sera en librairie pour mon plus grand plaisir et, je l'espère, pour le vôtre aussi.

Quatrième volet d'une exploration du thème de l'amitié, ce petit livre s'attarde aux difficultés de la réconciliation.

Mais, plus qu'un questionnement sur l'amitié, Tristan est aussi un hommage à différents courants de l'Histoire de la littérature. Et dans ce volet, c'est la littérature romantique qui est évoqué (les lecteurs attentifs pourront même peut-être y découvrir la réécriture d'une scène d'une célèbre pièce de théâtre!).

Bien que l'exercice d'écriture de cette série m'a plu, je dois tout de même avouer que je ne suis pas fâché qu'il soit terminé et que l'arrivée du livre sur les tablettes vienne mettre un point final à l'aventure.

En attendant, j'entame un nouveau projet, différent de tout ce que j'ai pu faire jusqu'à présent, pour le compte d'un nouvel éditeur. Un projet emballant qui, si tout va comme prévu, devrait voir le jour au printemps 2020. Je vous tiendrai au courant des développements.

Mais, pour l'heure laissons la place à Tristan, qui verra le jour pour la quatrième fois en avril.

Selon vous, quel en sera le titre?

samedi 8 décembre 2018

Tristan au stade des champions : retournement de situation

Il est facile de s'attacher à un personnage. Il est facile de l'idéaliser aussi. Il en va de même pour nos enfants et nos amis. Or, qui peut se targuer de vertu au point de prétendre être toujours au-dessus des malices?

Je pense qu'il y a une part d'ombre en chacun de nous et que les enfants, quoi qu'on en pense, n'y échappent pas. Au stade des champions, c'est ce côté obscur que j'ai voulu explorer.

Nous vivons dans un monde de comparaison exacerbée par les médias et le discours publicitaire auquel les enfants n'échappent pas. Du moins, difficilement. Il y a une pression à la performance qui force chacun à s'imaginer une manière de s'élever au-dessus de la masse. C'est cette pression de devoir toujours se sentir meilleur, plus fort et plus grand qui m'a inspiré l'image du stade et le thème du sport pour cette nouvelle aventure.

Tristan est un héros. Un personnage attachant qui transpire la gentillesse et l'empathie. Mais, dans la quête de dépasser les autres, il en vient à l'oublier. Et cet oubli fait de lui, peu à peu, sans trop qu'on s'en rende compte, le méchant de l'histoire.

J'aime l'idée d'entraîner le lecteur sur les traces d'un méchant sympathique. Je trouve ça un peu tordu et, surtout, dangereusement authentique. Parce que c'est un peu ça, être un humain. Comprendre que nous ne sommes pas parfaits, que même les amis, même nous, les plus gentils et les plus fins ont leurs moments de faiblesse qui peuvent, ponctuellement, en faire les méchants de l'histoire.

Mais il y a tout de même un prix à payer lorsque les relations tournent mal et il faut en être conscient. N'est-on pas toujours soumis au jugement des autres?

Et il y a un prix à ça. Et, surtout, toujours un moyen de se racheter.

Ce sera le sujet d'une quatrième et dernière aventure de la série.

Mais ça, ce sera début 2019 et, en 2019, ça fera onze ans que mon premier livre aura paru.

Ma rétrospective se termine donc sur ce billet. Mais pas ma carrière, je vous rassure. En dix ans de contacts, de succès grands, minces ou mitigés, au cours desquels des milliers de personnes m'ont accordé le privilège de lire mes livres, j'ai vu naître un tas de projets que je me promets de mener à terme.

J'espère que vous continuerez à m'accompagner dans mon exploration de l'être humain, même si, pour le moment du moins, je la mène à hauteur d'enfant.

Là-dessus, je souhaite à tous les lecteurs et toutes les lectrices de ce blogue de joyeuses fêtes et un vie longue et remplie.

À l'an prochain!

jeudi 1 novembre 2018

Le début de l'épopée Tristan

Tristan, on le sait, se prénommait Arthur et n'était pas destiné à devenir une série. D'ailleurs, je j'avais jusqu'ici jamais songé à faire une série.

J'aime les histoires qui ont un début et une fin et, d'ailleurs, j'ai beaucoup de mal à commencer un projet sans avoir une idée assez claire de comment il se termine.

Donc, Tristan a cessé d'être Arthur pour adopter un nouveau destin, celui de Tristan, le chevalier amoureux!

J'avais du mal à voir comment réinvestir l'univers de mon personnage. Il fat se rappeler qu'un grande partie de l'intrigue du premier livre tenait au fait que l'univers du personnage se transformait. J'avais beau réfléchir, je ne voyais pas comment reproduire ce phénomène étrange sans devenir redondant. J'ai revisité mon concept et je l'ai détaillé. D'un côté, il y avait ce garçon sensible et imaginatif qui avait eu du mal à s'adapter. Ensuite, l'imagination qui transforme l'univers dudit garçon. Enfin, les références aux romans de chevalerie du 12ième siècle.

Et il y avait ce nouveau prénom, Tristan, qui venait mettre l'amour au coeur de l'histoire. Arthur était un chef. Tristan était amoureux, il y avait de quoi faire.

J'ai donc pris cet angle. Je me suis dit que Tristan devait finir amoureux. Or l'amour n'est pas au coeur des préoccupations des enfants de 10 ans. Mais il arrive parfois qu'il s'impose aux enfants de 12! Tristan devait ainsi changer d'année scolaire pour terminer sa course à 12 ans!

Il y aurait donc une histoire par année, de la quatrième à la sixième.

Mais, question platement pratique, pour éviter que la série tombe dans l'oubli, Agnès m'a suggéré d'écrire une histoire de vacances pour faire patienter le lectorat.

Qui dit vacances, dit balades, flâneries, explorations...

J'ai décidé de placer la deuxième aventure de mon héros sous le thème des récits d'exploration et des romans d'aventures du 18ième siècle. L'amour attendrait, il fallait voir Tristan prendre la mer! Mais à sa manière.

mercredi 3 octobre 2018

Jouer la poésie

Vous avez du mal à aborder la poésie avec vos élèves et rêvez de lui faire vivre une expérience créative interactive et enrichissante? Cette activité est pour vous.

L'animation consiste en une immersion dans la poésie pour la jeunesse et l'adolescence ou l'animateur alterne entre lectures de poèmes et exercices d'écritures adressés aux élèves. Ensemble, tous expérimentent divers aspects du travail d'écriture poétique et partagent le fruit de leur labeur. De quoi allumer la flamme du poète en eux!

L'activité est offerte aux élèves du troisième cycle du primaire et du secondaire en formule d'une ou deux heures.

L'activité se veut également pertinente pour la formation des enseignants et enseignantes.

mardi 25 septembre 2018

Niska : le livre que je ne voulais pas faire

J'ai l'impression d'avoir tout dit sur ce livre, mais bon, puisque j'ai promis une rétrospective sur l'écriture de mes romans, je ne peux faire l'économie de celui-ci.

Rebelote!

Quand j'ai reçu le courriel de la directrice des Éditions du soleil de minuit j'ai eu un mouvement de recul. Je ne voulais plus écrire sur les Amérindiens. J'avais dit ce que j'avais à dire sur le sujet et, surtout, je redoutais d'être identifié à une thématique. être "le gars qui écrit sur les Indiens" ne m'intéressait pas, d'autant plus que je ne suis pas Autochtone!

D'un autre côté, le message était flatteur. Et c'était la première fois qu'on me passait une commande!

J'ai promis d'y penser par pure courtoisie. Mais j'y ai pensé honnêtement, par respect.

Le problème des sujet difficiles, c'est de trouver le bon angle. Pour une histoire de violence, le réflexe est, bien entendu, de montrer la violence. Mais il s'agit d'un réflexe que tout le monde aurait, ce qui est le contraire de l'originalité.

Je ne voulais pas parler de la violence ou des abus qu'ont vécu ces garçons et ces filles que le gouvernement canadien a arraché à leurs familles durant des décennies. Non.  Ce livre-là avait été déjà écrit. J'ai alors eu cette idée : l'histoire a retenu le sort des enfants, mais le drame s'est vécu aux deux bouts du spectre, les parents aussi étaient des victimes!

J'ai donc décidé de prendre l'angle d'un père de famille, rendu fou qu'on lui ait enlevé son fils unique. Je me suis dit qu'il était là, mon roman. Un père fou qui tente à tout prix de déjouer la réalité en l'appelant de toutes ses forces par une sorte de rituel vain, un appel au retour jamais entendu. Je me suis dit qu'il était là l'angle que je pouvais le mieux défendre. Puis, le temps d'une balade dans un sentier, j'ai eu une sorte de révélation : quel plus beau symbole des allers et retours que celui des oiseaux migrateurs! Le père tenterai de conjurer le sort en sculptant des bernaches en bois (je viens de dévoiler une des intrigues du roman...)!

Et tout s'est mis en place. Le nom des personnages, la structure du récit, tout!

Je ne parlerais pas de violence, mais plutôt de déchirure. Mon roman n'aurait pas de méchants, il serait l'expression d'une situation intenable que tous, malgré leur bonne foi, contribueraient à consolider.

Parce que c'est là qu'il était, le drame des pensionnats amérindiens : pas dans sa violence, mais dans sa funeste absurdité.

J'ai dit oui.

J'ai fait le livre. S'il vous intéresse, vous pouvez vous le procurer en cliquant ici.

Anecdote à propos de ce titre :

C'est tout de même ironique que ce livre que je ne voulais pas faire a fini par se faire presque tout seul!


samedi 1 septembre 2018

La naissance de Tristan

La série Tristan, au départ n'en était pas une.

J'avais été saisi en voyant mon garçon s'éloigner vers sa nouvelle école et l'image de le voir tout petit dans un monde trop grand pour lui m'était apparue. Je me suis dit qu'elle était belle, cette image, et que de jouer sur la perception qu'on peut avoir de notre environnement pourrait être chouette d'un point de vue narratif.

Le point de départ était donc mes craintes au sujet de l'adaptation de mon fils à sa nouvelle école. Par bonheur, il n'y a rencontré aucune difficulté. Toutefois, ceux qui suivent ce blogue depuis le début se rappelleront que ma principale préoccupation à écrire est l'exploration de l'être humain dans ses états limites; j'écris pour comprendre la bête que nous sommes, en somme. J'étais donc décidé à explorer comment cet enfant (qui allait devenir Tristan) pourrait vivre et, surtout vaincre ce problème à la fois simple et complexe. La clé m'est apparue assez claire (et pour tout dire, c'est plutôt évident et bien documenté!) : briser l'isolement. Un enfant seul est une victime. Il suffit de briser l'isolement pour que, déjà, le problème trouve une part de résolution. Passer de l'individu au groupe, donc.

Mon concept en était un eu sur l'image et la perception. L'image de la guilde de chevalier, comme modèle du groupe d'amis luttant contre l'adversité, s'est imposée rapidement. Il me fallait une guilde de chevaliers magiques. Et tout à coup, j'ai eu cette idée d'aller piger dans les références des romans de chevalerie et de la littérature médiévale. Le cycle arthurien et le Graal, Rabelais et ses géants, les fées.

Je tenais quelque chose.

Je me suis donc lancé.

Frénétiquement.

J'écrivais soir et matin y consacrant chaque minute de mes temps libres.

Les chevaliers se fédérant autour d'une cause, la mienne serait l'amitié. Mais il me fallait mon Graal! L'objet représentant tout ce qu'elle a de noble et détenant l'espoir ainsi que le pouvoir ultime capable de venir à bout de tous les maux! L'amitié est belle. Elle n'a pas de valeur en dehors de la pureté de sa forme. Comme les billes avec lesquelles jouent les enfants depuis... l'Antiquité! Un jouet qu'on trouve partout de nos jours, mais qui a fait partie du quotidien des enfants de toutes les époques et de toutes les parties du monde! Les billes de verre seraient mon Graal. Après tout, les billes, on les échange, on les gagne et on les perd, on les trouve belles, on s'y attache, elles n'appartiennent à aucune classe sociale et ne renferment aucune technologie. Elles sont à la portée de tous et placent tous les enfants sur le même pied. Elles ont tout ça en commun avec l'amitié: une allégorie parfaite!

Mon univers serait tout à fait réaliste (l'école, la maison, la cour) mais traité à la sauce merveilleuse du douzième siècle à travers l'imagination de mon protagoniste anonyme. Parce que, il faut bien le dire, et je trouvais important de ne pas révéler le nom de mon personnage, qui était alors Arthur, en cours de récit. Mon personnage souffrant devait finir en tant que roi! Et, j'ai toujours cru que de ne pas nommer permettait une plus grande identification de la part du lecteur.

J'ai écrit le texte et je l'ai aimé. Beaucoup, même. Je l'ai fait lire à plusieurs personnes (Magali Laurent, Diane Groulx, Jessie Chrétien), qui m'ont convaincu que "Chevaliers de la bille en verre" était digne d'intérêt.

La maison d'édition à laquelle je l'ai d'abord proposé s'est montrée très intéressée, mais pour des raisons de ligne éditoriale qui auraient affecté les noms de mes personnages, et donc mon univers de référence (le monde de l'édition est rempli de contraintes qu'il faut comprendre et respecter), j'ai décidé d'aller voir ailleurs. Pour être bref, le projet a atterri chez Dominique et compagnie.

Ils m'ont proposé d'en faire une série.

J'ai d'abord refusé. Je voyais mal comment réinvestir cet univers complexe sans me répéter.

Je garderai les raisons de mon changement d'idée pour le prochain billet sur Tristan, histoire de ne pas être trop long et d'avoir encore des choses à dire.

Si ce livre vous intéresse, vous pouvez vous le procurer en cliquant ici.

Anecdote à propos de ce titre : 

Comme je l'ai dit plus haut, le titre d'origine de ce livre était "Chevaliers de la bille en verre" et le personnage principal se prénommait Arthur. Or, Dominique et compagnie possédait (et possède toujours!) une collection à ce nom. J'étais réticent à changer le nom de mon personnage. Je tenais au côté chevalerie de mon récit et j'avais tourné le dos à un éditeur pour préserver mon concept... On a discuté, tourné le problème dans tous les sens et soudain, Agnès, la directrice littéraire responsable du projet, est arrivée avec l'idée de Tristan. Tristan aussi est un chevalier! Et c'est justement ce nouveau prénom qui m'a permis d'imaginer la suite de la série! Mais ça aussi, ça fera l'objet d'un nouveau billet.