Voici le lien qui vous permettra d'entendre l'entretien que j'ai accordé à Rose-Aimée Dubé, animatrice à la radio de la Société de communication atikamekw montagnaise le vendredi 12 octobre 2012 :
http://www.socam.net/?s=archives&id=791&CATEGORIE=%25&TRI=dateAjout&ORDRE=DESC&LIMIT=25
Ne vous découragez pas, après quelques secondes, l'animatrice passe de l'atikamekw au français.
vendredi 12 octobre 2012
mardi 25 septembre 2012
La malédiction de Carcajou en librairie cette semaine
Ça y
est, le livre est prêt et sera sur les tablettes des libraires cette semaine.
Pour moi, c’est la fin d’une longue attente et un moment de grande excitation. Le
livre est splendide et magnifiquement illustré par Daniel Bélair (http://www.chateauguayexpress.ca/Culture/Festivals-et-evenements/2012-08-07/article-3034910/Un-touche-a-tout-des-arts/1).
Un superbe objet.
Mais
c’est tout de même un peu plus qu’une joie personnelle.
La
sortie de ce livre est, cela va de soi, un accomplissement. Mais l’accomplissement
réel, pour ma part, se trouve en dehors du texte. Comme je l’ai écrit plus tôt
sur ce blogue, c’est d’abord Dollard Dubé qui a rédigé cette histoire au début des années 1930. On lui avait confié
le mandat d'aller rencontrer des conteurs atikamekw et de colliger les
histoires qu'ils se transmettaient depuis des générations. Avec l’arrivée
massive de bûcherons et de colon dans la région, l’authenticité culturelle des
premiers habitants du Haut-Saint-Maurice était menacée. Il fallait la faire
passer de la parole à la lettre afin de la préserver. Ce fut fait et c’est
ce qui permet à cette légende pleine d’humanité et riche en enseignements de
revivre aujourd’hui.
L’origine de ce conte se perd donc
dans des temps immémoriaux et nul ne peut en réclamer la paternité.
Mais le véritable accomplissement se
trouve ailleurs. En effet, l’idée de réécrire cette histoire m’est venue au
contact des jeunes Atikamekw avec qui j’ai travaillé au cours de mes 10 années
passées à Manawan. Ces jeunes Amérindiens sont pleins de vie et de rêves à
réaliser, comme le sont les jeunes de partout. Mais, à cheval entre une culture
qui s’éveille et une autre qui se perd, ils sont déchirés. Dans l’école
primaire où ils apprennent à lire, à écrire et à compter, on leur propose deux
voies : l’une en français, l’autre dans leur langue maternelle. Dans le
premier cas, les enfants apprennent à lire et à écrire à la manière des gens de
la ville. Des livres, ils en ont, mais peu qui reflètent leur réalité. Peu qui
soient réellement ancrés dans leurs valeurs et leur propre tradition
culturelle. Ils lisent les contes de Charles Perrault et tout ce que leur
fournit la littérature jeunesse. Ce qu’ils y gagnent en maîtrise du français,
ils ne l’acquièrent pas en connaissance d’eux. Dans le second cas, des livres,
ils n’en ont pas ou trop peu. Par défaut de lectures valables, ils accumulent
des retards en lecture et en écriture, ce qui hypothèque leurs chances de succès
dans leurs études subséquentes – heureusement, il se trouve bien quelques
exemples pour contredire ce dernier point, mais, malgré ces quelques cas d’exception,
le constat demeure. Savoir lire et écrire outrepasse la maîtrise d’une langue à
l’oral et, cela a maintes fois été démontré, plus on maîtrise un code
linguistique, plus le passage vers une autre langue est facile. Or voilà, la
collection « album du crépuscule » des éditions du Soleil de minuit,
dans laquelle est publiée La malédiction de Carcajou, propose des livres
en deux langues. Grâce à la traduction de Jean-Paul Echaquan, le texte y est présent à la fois en français et en
atikamekw. Dès lors, le livre se veut un outil permettant de combler le fossé
culturel entre les deux cheminements scolaires que suivent les enfants de
Manawan, d’Opitciwan et de Wemotaci. Bien plus encore, il permet d’ajouter sa
pierre à l’édifice de la préservation des langues menacées comme l’est celle
des Atikamekw – parce que, on le sait, des langues il en meurt plus qu’il n’en naît
depuis un siècle. Espérons seulement que La malédiction de Carcajou
permettra à l’atikamekw, une langue de chez nous faut-il le rappeler, d’éviter
ce triste sort.
samedi 8 septembre 2012
Écrire : le bistouri ou la taloche?
Pour écrire, c’est simple, il suffit d’aligner les mots en
fonction de l’histoire qu’on veut raconter. Jusque là, tout le monde peut le
faire. Mais pour que le texte devienne littéraire, il doit devenir un objet
fini et unique. Et c’est là que commence le travail de l’écrivain.
On entend souvent dire que l’art d’écrire est en grande
partie celui de savoir faire disparaître le superflu. D’enlever le mot de trop,
celui qui empêche le texte de bien fonctionner, comme l’abcès qui dévisage et,
plus important encore, risque d’empoisonner – Tiens, justement, je viens d’écrire
« d’empoisonner le patient » avant de supprimer les deux derniers
mots! – : c’est écrire au bistouri. Travail de précision où ne doit
demeurer que l’essentiel.
Or, savoir manier le bistouri ne suffit pas. Pas toujours, du
moins.
Je suis à la réécriture d’un court roman (ou d’une longue
nouvelle!) intitulé provisoirement Qu'est-ce qui fait courir Mamadi? où, justement, cette méthode s’est avérée inadéquate.
Je pensais bien l’avoir fini. Je l’ai fait lire. Et la
critique s’est avérée douloureuse. Une véritable gifle. Je le voulais compact,
ce texte. Compact et efficace. J’y voyais la force du non-dit et de la justesse
des mots, il s’est avéré vide et superficiel : plein de trous à combler. Et
en le relisant à mon tour pour la énième fois, j’ai dû en toute honnêteté, me
rallier au constat de ma lectrice.

La taloche, n’est pas simplement le synonyme de baffe ou de
claque. C’est d’abord l’outil qu’utilisent le maçon et le plâtrier pour combler
les trous et aspérités des cloisons. Elle sert à étendre de fines couches de plâtre
ou de crépit afin d’obtenir une surface lice et uniforme. C’est en écoutant une
vieille entrevue avec Nabokov à la télé que m’est venue l’inspiration de cette
expression : écrire à la taloche.
Dans cette entrevue, l’auteur faisait part au journaliste,
qu’après avoir édifié la structure de ses histoires, il les relisait et
ajoutait des couches (c’est son expression!) qu’il superposait afin d’obtenir l’objet
qu’il avait réellement imaginé. Et que c’était là, pour lui, le travail le plus
important et, parfois, également le plus pénible.
Voilà où j’en suis : j’abandonne le bistouri au profit
de la taloche. J’ai des trous à combler pour que Mamadi, mon personnage, vive
enfin.
dimanche 2 septembre 2012
Retour aux sources
Je retourne à la nouvelle. La vraie. La bonne. La
littéraire. J’y retourne et, c’est étrange, je m’y retrouve comme un autre.
Écrire de la nouvelle, c’est prendre le temps de la brièveté.
Drôle à dire, mais pourtant... Si dans la plupart des cas bref et rapide
peuvent sembler synonymes, il n’en est rien dans cette écriture où chaque mot
compte, où chaque phrase doit être ciselée et polie pour produire un maximum d’effet.
Car la nouvelle cherche à produire un effet, un choc. Et
pour que le lecteur soit happé, rien ne doit être laissé au hasard. Chaque
nouvelle doit posséder un ton, dicté par le choix du vocabulaire utilisé, la
longueur les phrases, la syntaxe, l’angle avec lequel le sujet est abordé, ce
qu’on choisit d’y dire, ce qu’on choisit d’y taire. C’est un travail d’orfèvre,
fait de minutie et de patience, où toute aspérité gâche l’effet de la captation
du coup d’œil.
Or, je réalise que le roman m'emballe et me pousse à aller trop vite. Et que je me perds en tentant d'atteindre la fin, plutôt que de me concentrer sur le moyen, qui est, à mon sens, le véritable travail de l'écrivain. Puisque écrire est un art et que l'artiste doit d'abord et avant tout jouir et pousser les limites de son médium et non pas se contenter de réaliser une image, un son, une histoire. Parce que ça, tout le monde peut le faire et que pour naître en temps qu'artiste, on ne peut sombrer dans la masse du quelconque.
La nouvelle constitue un rempart contre la banalité. Si non, elle n'est pas nouvelle. Elle est, de ce fait même, une source à laquelle il est essentiel de boire de temps à autres.
Voici un lien menant à trois de mes nouvelles, parues dans XYZ, La revue de la nouvelle il y a plusieurs années : http://www.erudit.org/culture/xyz1016803/auteurs.html?aut=Poirier,%20%C3%89tienne. À vous d'apprécier.
jeudi 23 août 2012
Salons à venir
La malédiction de Carcajou est en librairie depuis le 15 septembre. J'espère que les lecteurs seront nombreux à se procurer ce livre magnifique, d'abord parce que l'histoire qui y est racontée en vaut vraiment la peine (tant pour les lecteurs adultes que pour les enfants), mais également pour les magnifiques aquarelles réalisées par Daniel Bélair qui l'illustrent. Chaque page de ce livre est une véritable oeuvre d'art!
Alors voilà, c'est maintenant le temps de procéder à la promotion et, qui dit promotion dit Salons du livre.
Je publie ici l'horaire des séances de dédicaces et les liens menant à la programmation des événements :
Salon du livre de l'Abitibi-Témiscamingue, 25 et 26 mai 2013:
Daniel Bélair, l'illustrateur de "La malédiction de Carcajou" sera au SLAT, tenu à LaSarre cette année, pour faire la promotion de ce livre que nous avons réalisé conjointement. Vous pourrez le rencontre aux stands 80-82.
Samedi
13h30 à 14h30
14h30 à 15h30
Dimanche
13h30 à 14h30
14h30 à 15h30
15h30 à 16h
vendredi 25 mai 2012
Sortie, cet automne, de "La malédiction de Carcajou"
Carcajou a promis de revenir quand il a quitté sa famille
pour la chasse, mais le destin lui a joué un tour. Sauvé par des Loups, il a dû
faire une nouvelle promesse, celle de devenir l’un d’eux et de demeurer avec
eux pour toujours. Mais comment tenir une telle promesse sans oublier celle
faite à sa femme et à ses enfants? Cette légende issue du folklore atikamekw
livre de grands enseignements sur la valeur de la parole donnée.
Il y a des histoires, comme celle-ci, qui sommeillent dans un presque oubli parmi les pages poussiéreuses d'un vieux livre écorné. Il ne suffit que d'un regard, d'une lecture curieuse à la va-vite pour qu'elles reprennent vie et qu'on se demande : "pourquoi n'ai-je pas lu ça plus tôt?" C'est ce qui m'est arrivé en lisant les pages que Dollar Dubé a rédigées au début des années 30. On lui avait confié le mandat d'aller rencontrer des conteurs atikamekw et de colliger les histoires qu'ils se racontaient depuis des générations. Il les a ainsi fait passer de la parole à la lettre.
Certaines d'entre elles s'avèrent de véritables bijoux d'enseignements, de leçons de vie qui ne peuvent rester lettre morte, qu'il faut lire. Celle-ci n'est donc pas de moi. Enfin, pas tout à fait. Je n'ai fait ici que donner un souffle nouveau à une histoire ancienne -peut-être bien millénaire! -, mais qui demeure riche et actuelle. Une histoire qui, à mon humble avis, doit être lue.
mercredi 14 mars 2012
Salon du livre de Trois-rivières
Je serai présent au Salon du livre de Trois-Rivières, qui se tiendra du 29 mars au premier avril, au kiosque des éditions du soleil de minuit pour faire la promotion de mes romans "La clé de la nuit" et "L'envol du pygargue", finaliste au prix Québec/Wallonie-Bruxelles de littérature pour la jeunesse 2011.
Jeudi 29 de 12h à 14h
Samedi 31 de 16h à 18h
Dimanche 1er de 12h à 14h
Pour plus d'informations sur le Salon, consultez le site officiel : http://www.sltr.qc.ca/
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