Ceux qui, comme moi, s'intéressent à l'écriture narrative seront enchantés d'apprendre que tout plein d'auteurs ont participé à une initiative, simple mais ô combien intéressante, de la blogueuse Marie-Jo, du blogue Interviews d'auteurs Québécois (interviews-auteurs-quebecois.blogspot.ca). La proposition était la suivante : répondre à trois questions apparemment simples : comment se préparer avant d'écrire les premières lignes de son manuscrit; comment rendre son roman captivant; comment augmenter les chances que son manuscrit soit sélectionné par un éditeur.
Les réponses sont regroupées dans un document PDF, disponibles pour téléchargement et gratuites. Il ne suffit que de cliquer sur l'icône "Des auteurs québécois vous répondent!" pour les lire.
Si vous êtes curieux de lire les miennes, elles s'y trouvent.
Vous pouvez aussi lire l'entrevue que je lui ai accordée l'automne dernier en suivant le lien qui suit : http://interviews-auteurs-quebecois.blogspot.ca/2012/11/etienne-poirier-auteur.html.
jeudi 9 mai 2013
mardi 30 avril 2013
Zoom sur zoizos z'urbains

J'ai eu la chance de m'éclater avec l'artiste Marie-Josée Maltais et de mettre sur pied une exposition de peinture - ceux et celles qui me connaissent bien savent à quel point j'aime les arts picturaux!
Le concept est le suivant : exposer les affiches commerciales d'un village d'oiseaux. Dès le 5 mai 2013, en franchissant les portes du Café-Cognac, vous aurez la chance d'expérimenter une promenade dans les rues de Saint-Pit.
Venez nombreux et partagez le plaisir que nous avons eu, Marie-Josée et moi, à mettre en scène cet univers volatile.
jeudi 18 avril 2013
L'imposture

Les écrivains sont des personnages plus grands que nature, leur métier est noble, leur oeuvre est essentielle à la compréhension du rapport entre les humains.
Ils ne sont pas tous comme ça, je le concède.
Mais ceux à qui je m'identifie (attention : je n'ai surtout pas dit "à qui je me compare"!) le sont. Je fais référence aux Garcia Marquez, Anne Hébert, Kafka, Kundera, Aquin, Vargas Llosa, Shakespeare, Hemingway, Ferron, Laferrière et la liste pourrait s'étirer.
Un mythe les entoure. Et c'est intimidant.
Leur poids me pèse à chaque fois que je m'installe devant mon ordinateur pour écrire. Je souffre d'un sentiment d'imposture qui me rend mal à l'aise vis-à-vis de mon propre exercice d'écriture. Une impression constante de ne pas être à la hauteur.
Il devient évident qu'il s'agit d'un sentiment dont je devrai m'affranchir un jour ou l'autre. J'ai pris l'habitude de m'éclairer à la lumière de leur aura, je dois constater qu'ils me font ombrage, que les livres qu'ils ont écrit n'ont pas nécessairement besoin de la majuscule dans leur titre. Que la grandeur de leur auteur, si elle existe toutefois, réside dans le geste qu'ils ont posé maintes fois et qui consiste simplement à aligner des mots et à faire vivre un univers empreint de leur propre humanité, bref à écrire. Et que ça, ça m'est permis. Il faut que ça le soit.
J'ai écrit plus tôt que j'avais du mal à me mettre au travail sans avoir l'impression de produire quelque chose de majeur.
C'est encore vrai.
Et c'est lourd.
Peut-être est-il temps que ça cesse et que je me contente finalement de faire ce foutu livre auquel je me butte depuis trop longtemps. Ce sera ça de fait. De toute manière la taille de la majuscule dans le titre sera déterminée par d'autres...
Mais en attendant, elles me brûlent les doigts, les touches de mon clavier...
vendredi 5 avril 2013
Une paternité nouvellement assumée
Étrange le point de vue qu'on a sur les choses.
Hier, j'ai discuté, avec la bibliothécaire d'une école que je dois visiter en mai, de mon roman La clé de la nuit. Elle me disait à quel point sa lecture l'a passionnée et combien elle a adoré cette oeuvre. Elle n'avait que de bons mots à mon endroit et je l'en remercie. Sauf que cet échange m'a un peu déstabilisé, parce que je ne partageais pas, mais alors pas du tout son opinion.
Alors, j'ai décidé de me taire et de l'écouter.
Et c'est là que ça devient intéressant.
Bien sûr, ce texte a des qualités reconnues, il a été sélectionné par Communication-Jeunesse, un organisme crédible et influent dans le milieu de la littérature pour la jeunesse, lors de sa parution. C'est un roman qui plaît en général et qui, somme toute, a été assez bon pour qu'un éditeur y risque ses deniers.
C'est ça de pris.
Sauf qu'il s'agit d'une oeuvre dont j'ai du mal à assumer la paternité, contrairement à L'envol du pygargue, sa suite.
J'ai écrit La clé de la nuit comme on joue à un jeu. Jusqu'alors, je n'avais publié que des nouvelles dans des revues spécialisées (vous pouvez en trouver les liens dans la rubrique Bibliographie de ce blogue), des trucs à mille lieues de ce roman. Au départ, mon projet était le suivant : écrire une oeuvre littéraire destinée aux élèves de l'école où je travaillais. Il n'avait que des visées didactiques. Puis, je me suis lancé un défi : pour la première fois de ma vie, j'ai désiré faire long; voir si je pouvais pousser un récit plus loin qu'un flash, qu'un moment isolé de la vie, bref m'extirper de la brièveté. Ce que j'ai fait, mais sans autre ambition. L'idée de contacter des éditeurs et d'en faire un livre bien réel n'est venue qu'après. Mon enjeu n'était que d'aligner les phrases et de produire un récit d'aventure, une séquence d'événements dans un ordre logique, ce qui a eu pour effet de me tenir loin de la proximité du lien personnel entre l'auteur et le texte que je crois essentielle à la qualité de la narration et qui fait la grandeur des oeuvres.
Du moins, ça, c'est mon point de vue.
J'ai même essayé de le relire, ce livre. Une fois. Et j'en ai été incapable.
L'inverse s'est produit lors de l'écriture de L'envol. Cette fois, c'est la nécessité qui m'a poussé à écrire. J'avais le sentiment de devoir le produire. D'avoir quelque chose à dire. D'être dedans à chaque page. Je m'y suis plongé sans pudeur, je m'y suis bousculé, mis à l'épreuve, j'ai vécu à travers son écriture. Il fallait que je le fasse. Et j'ai le sentiment d'avoir atteint quelque chose de fondamental en l'écrivant, quelque chose de profondément humain qui me ressemble à moi, mais qui va au delà de moi-même. Bref, celui-ci, je l'ai relu avec plaisir et satisfaction.
Mais ça aussi, ce n'est que mon point de vue.
Si on croit, comme je le fais, que l'oeuvre littéraire n'existe que dans les yeux de celui ou celle qui la lit, mon point de vue ne vaut guère plus que celui de quelque lecteur que ce soit. Et c'est peut-être dans cette proximité-là que je dois reconnaître la valeur de La clé de la nuit, et ce, même si l'exercice s'avère impossible puisque, au bout du compte, la seule paire d'yeux que je possède, c'est la mienne.
Au final, tout ce que je peux faire, c'est de croire sur parole les commentaires bons ou mauvais. Et de laisser parler.
Et c'est ce que j'ai fait hier. Je n'ai pas offert de résistance. J'ai oublié mon insatisfaction à l'égard de mon livre. Et ça m'a réconcilié. Un peu à la manière d'un père borné qui réalise tout à coup la valeur de son fils mal aimé. J'assume mieux et je reconnais, finalement, les qualités que recèle La clé de la nuit. J'ai laissé parler Caroline et je me suis abreuvé à son enthousiasme. Je l'ai écouté venir au monde dans ses mots à elle, je l'ai relu avec ses yeux.
En quelque sorte.
Et, soudainement, je l'ai aimé pour ce qu'il est.
Merci Caroline.
samedi 23 février 2013
Quand Infoman se charge de ma promo...
Voyez ce que ça donne en suivant le lien.
Surtout, ne clignez pas des yeux entre 1 min. 20 et 1 min. 22!
http://www.exploratv.ca/videos/le-mystere-du-carcaj
Surtout, ne clignez pas des yeux entre 1 min. 20 et 1 min. 22!
http://www.exploratv.ca/videos/le-mystere-du-carcaj
vendredi 8 février 2013
Atteindre le sommet sans tomber dans le vide
C'est, du moins je le crois, ce qui unit les alpinistes, les
parachutistes, les bungeeistes et les artistes : la peur du vide qui se trouve
entre le désir de l'accomplissement et la capacité réelle d'accomplir. Entre la
vision et la réalisation, il y a, il faut bien l'admettre, un creux qui parfois
donne le vertige.
J'ai, pour ma
part, le sentiment de me tenir constamment au bord du précipice.
Être alpiniste,
j'imagine que je commencerais par l'Everest, quitte à y laisser ma peau. Il
faut dire que je n'arrive que difficilement à me mettre au travail sans avoir
la conviction d'écrire une oeuvre majeure. Écrire pour écrire, à quoi bon? J’ai
essayé, je le regrette.
Dans la vision que j'ai de la littérature (et j'y inclus la
littérature pour la jeunesse), une oeuvre doit surprendre, émouvoir, se poser
comme une épreuve tranquille d'où l'auteur et le lecteur ne peuvent ressortir
que transformés, grandis, à tout le moins changés. Je veux écrire des livres
qui passeront à l’histoire, du moins à celle de ceux qui les liront, des livres
qui s’adressent tant au cœur qu’à la tête.
C'est la vision
que j'ai de ma pratique d'écriture et de l'art que j'exerce.
Or, comme
mentionné plus haut, cette posture n'a rien de confortable, bien au contraire.
Confronté à la montagne, il doit bien se sentir tout petit, l'alpiniste! Mais c’est
également là que réside l’exploit qu’il est en voie de réaliser. En jouit-il? J’ai
la certitude qu’à chaque moment il ne le fait pas. Que les épreuves et les
sacrifices qu’il s’impose durant la montée le font hésiter, se remettre en
question, qu’à l’occasion il a envie de rebrousser chemin et que ce n’est qu’une
fois la tâche accomplie qu’il se sent grand, content, satisfait à condition,
bien sûr, d’avoir atteint le sommet.
J'ai entendu, un
jour, l'auteure québécoise Kim Thuy candidement parler de son expérience
d'écriture, qu'elle qualifiait de jubilatoire. Elle disait à quelle point les
mots la comblaient et combien l'acte d'écrire la remplissait de plaisir
(a-t-elle parlé de jouissance?). Je n'ai jamais rien ressenti de tel. Non. De
la satisfaction une fois le travail terminé, bien sûr! Mais de là à jouir de
l'écriture, ça non!
Je dois avouer que
son discours m'a rendu un peu jaloux, mais bon, ce n'est pas le sujet de ce
billet. Je ne doute pas de son intégrité
ni de sa démarche ni de son talent, bien au contraire, je me suis délecté de Rù. J’assume ma jalousie, j’aimerais
aussi écrire en état de grâce plutôt qu’en état de déséquilibre.
On ne peut vivre
dans l'angoisse constante, Laborit nous l'a bien enseigné, sauf que l'écart qui
se creuse entre le vouloir dire et la capacité de le faire s'apparente souvent
à une perte de prise dans le réel, à un vertige difficilement soutenable. Du
moins, je le ressens de cette façon. Il y a une sorte d'abyme, un trou qui se
creuse, où se loge la vision initiale de l'oeuvre en cours, et dont la langue
ne peut rendre compte qu'en se tenant à la périphérie.
N'est-ce pas
d'ailleurs le propre des trous, de n'exister que par leur pourtour?
Il y a une
angoisse inhérente à viser un objectif évanescent, une cible qui se dérobe sans
cesse. La question qui se pose devient alors celle de l’« à quoi bon? ».
À quoi bon se donner tant de peine pour une visée inatteignable (l’histoire ne
se dicte pas, elle rend ses verdicts après coup!)? À quoi bon s’imposer un
cadre, des visées, des règles qui ne seront, au final, pas reconnues par la
plupart des lecteurs? Bref, à quoi bon écrire? Peut-être est-ce ce qui se
trouve au cœur de ma démarche : relever des défis esthétiques et humains qui
sont condamnés à passer inaperçus, me lancer à la poursuite du vide?
Pourquoi tant de mal pour autant de futilités?
Il me semble que ça devient tout à coup évident : ce sont les défis et les difficultés qui font que l'exercice en vaut la peine. Et l'Histoire? Elle retiendra bien ce qu'elle veut, il suffit
d'en parler à sir Edmund Hillary!
mardi 18 décembre 2012
Tout est dans le ton
Dire qu'on reconnaît un bon livre à ses premières phrases, à ses premiers mots, c'est dire que l'expérience littéraire se trouve bien au-delà de l'histoire qui est racontée : elle tout aussi bien sentie qu'intelligible.
C'est vrai en lecture, ça l'est également quand on écrit.
Mais si le ton peut paraître secondaire pour la plupart des lecteurs (demandez à un ami de vous parler de sa dernière lecture et vous le verrez bien!), il en va autrement pour l'auteur. Pour moi en tout cas. En effet, questionnez un écrivain sur le projet qu'il a en cours et vous constaterez que, rapidement, vous serez perdus dans des dédales de considérations qui gravitent autour de l'histoire. Une histoire, ça se résume. Pas ce qui la porte, car cela est fait de mots à ne pas prendre à la légère, de rythme, de descriptions, de discours rapportés de manière directe ou non, de ponctuation. Un véritable casse-tête, quoi! Un puzzle dont les pièces acérées feraient dire à Freud, Lacan, Klein et tous les autres qu'ils en ont déjà castré plus d'un et qu'ils en châtreront bien d'autres encore.
Des auteurs, je veux dire.
Et sans distinction de sexe, c'est une métaphore!
C'est parce que l'expression du contenu par la forme est un enjeu majeur et, en vérité, peut-être le seul qui soit véritable.
Je viens de me remettre à l'écriture. Et je travaille dur sur une histoire qui m'est venue il y a probablement six ou sept ans. Une histoire tournant autour d'un pigeon amoureux. J'en ai formulé déjà trois ou quatre versions, mais aucune n'est encore arrivée à me satisfaire.
Cette dernière semble bien être la bonne.
Encore.
J'en reparlerai peut-être une autre fois, si je trouve une oreille assez patiente (ou assez polie, c'est selon!) pour m'écouter jusqu'au bout.
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